Un établissement peut avoir un bon résultat global tout en présentant des écarts importants entre ses programmes.
C'est l'un des pièges les plus fréquents lorsqu'on analyse des données institutionnelles : regarder une moyenne comme si elle décrivait uniformément l'ensemble de la réalité.
Prenons un exemple simple. Un établissement affiche un taux de réinscription de 86%. C'est un résultat intéressant.
Mais imaginons que derrière cette moyenne se trouvent :
- Programme A : 93 %
- Programme B : 89 %
- Programme C : 84 %
- Programme D : 76 %
La moyenne institutionnelle est toujours de 86 %. Mais les questions auxquelles les équipes doivent répondre sont très différentes selon le programme.
La moyenne nous situe. L'analyse par programme nous permet de comprendre.
Les programmes n'ont pas tous les mêmes parcours
Les étudiants ne commencent pas tous leur parcours collégial dans les mêmes conditions. Les programmes diffèrent notamment par :
- leur type de formation;
- leur durée prévue;
- leurs exigences;
- leur profil d'admission;
- leur organisation pédagogique;
- leur attractivité;
- leur évolution des inscriptions;
- les cheminements possibles après une interruption ou un changement de programme.
Il serait donc réducteur d'interpréter un résultat institutionnel sans tenir compte de la réalité des programmes qui le composent.
Le gouvernement du Québec diffuse d'ailleurs maintenant ses indicateurs de cheminements longitudinaux selon la famille de programmes, en plus du type de formation et du réseau d'établissements. Les données permettent notamment de suivre l'obtention d'une sanction d'études collégiales pour les nouveaux inscrits au DEC.
Un même indicateur peut raconter des histoires différentes
Prenons le taux de diplomation. Deux programmes pourraient afficher un taux similaire, pourtant, leurs parcours pourraient être complètement différents.
Le résultat final est similaire mais le parcours ne l'est pas. Et c'est justement ce parcours qui peut permettre aux équipes de mieux comprendre leurs résultats.
Le programme comme point d'entrée de l'analyse
Lorsqu'on dispose d'une plateforme analytique comme MyMetrix-Éducation, le programme peut devenir un premier niveau d'exploration.
On peut commencer par une question simple :
Comment se situe chacun de nos programmes?
Puis aller plus loin :
Comment les cohortes de ce programme évoluent-elles?
Puis :
À quel moment les étudiants quittent-ils ou interrompent-ils leur parcours?
Puis :
Quel est le lien entre la réussite initiale, la réinscription et la diplomation?
Chaque question nous amène un peu plus loin dans l'analyse.
Attention aux comparaisons trop rapides
Comparer deux programmes n'est pas toujours aussi simple qu'il y paraît. Un écart de 10 points de pourcentage ne signifie pas nécessairement qu'un programme « performe moins bien ». Avant d'interpréter un écart, il faut notamment regarder :
- La taille des cohortes : Un programme comptant 30 étudiants ne se lit pas de la même manière qu'un programme comptant 500 étudiants.
- La composition des cohortes : Les caractéristiques des étudiants peuvent évoluer d'une année à l'autre.
- La période observée : Une cohorte récente n'a pas nécessairement eu le même temps pour compléter son parcours qu'une cohorte plus ancienne.
- Le type de programme : Les parcours d'un DEC préuniversitaire et d'un DEC technique ne se comparent pas nécessairement de la même manière.
- Les changements de programme : Un étudiant peut quitter un programme sans quitter le cégep.
Cette distinction est essentielle.
Changer de programme n'est pas nécessairement abandonner ses études.
Du programme à la cohorte
C'est ici que les deux dimensions deviennent particulièrement intéressantes. Imaginons qu'un programme affiche une baisse de son taux de réinscription. Plutôt que de conclure immédiatement qu'il y a un problème, on peut regarder :

Une tendance commence peut-être à apparaître mais il faut ensuite pouvoir aller plus loin :
- À quelle session la différence apparaît-elle? Si l'écart apparaît dès la première année, la question est différente que s'il apparaît après trois ans.
- Le phénomène touche-t-il tous les programmes? Si non, qu'est-ce qui distingue les programmes concernés?
- Les étudiants quittent-ils le cégep ou changent-ils simplement de programme? La réponse peut complètement changer l'interprétation.
Une bonne analyse ne cherche pas seulement les écarts
C'est un point important. L'objectif n'est pas de produire un classement des programmes. Il est de mettre les résultats en contexte.
Un programme qui affiche un résultat supérieur à la moyenne peut aussi être intéressant à analyser. Pourquoi? Parce qu'il peut permettre de comprendre :
- quelles cohortes réussissent particulièrement bien;
- quels parcours sont les plus fréquents;
- à quel moment la persévérance se maintient;
- quels facteurs peuvent être associés à une meilleure continuité du parcours.
L'analyse comparative peut donc fonctionner dans les deux directions :
→ Identifier les situations qui demandent une attention particulière.
→ Identifier les tendances qui méritent d'être comprises et éventuellement reproduites.
La bonne question n'est pas « quel programme est le meilleur? »
La question devrait plutôt être :
« Qu'est-ce qui explique les différences que nous observons? »
C'est une distinction importante. Une plateforme analytique ne devrait pas simplement produire un classement. Elle devrait permettre de poser de meilleures questions. C'est ce qu'offre la plateforme dédiée aux CEGEPS MyMetrix-Éducation.
Une vue institutionnelle. Plusieurs réalités.
C'est probablement là que l'analytique prend toute sa valeur. On peut partir de :
Analyse
Où apparaît l'écart? Cette capacité à passer progressivement du global au détail, puis du détail au parcours, est au cœur d'une véritable approche analytique dans la plateforme MyMetrix-Éducation.
Les données deviennent utiles lorsqu'elles permettent d'explorer
Le rôle d'un tableau de bord ne devrait pas être de présenter le plus grand nombre possible d'indicateurs. Il devrait permettre de répondre rapidement aux bonnes questions.
- Où sommes-nous?
- Où sont les écarts?
- Depuis quand?
- Pour quelles cohortes?
- Dans quels programmes?
- Que deviennent les étudiants concernés?
C'est cette capacité d'exploration qui transforme les données institutionnelles en véritable outil d'aide à la décision.
Une moyenne n'est pas la réalité
Une moyenne est utile. Elle permet de suivre une tendance, de situer un établissement et de communiquer un résultat. Mais elle ne doit pas être la fin de l'analyse.
- Derrière chaque moyenne se trouvent des programmes.
- Derrière chaque programme se trouvent des cohortes.
- Derrière chaque cohorte se trouvent des parcours.
Et c'est en reliant ces niveaux que l'on commence réellement à comprendre la réussite étudiante.
Ne comparez pas seulement les résultats. Comprenez ce qui se passe derrière eux avec MyMetrix-Éducation.
Sources
- Gouvernement du Québec — Indicateurs de cheminements longitudinaux, données sur l'obtention d'une sanction d'études collégiales présentées selon le type de formation, la famille de programmes et le réseau d'établissements. Mise à jour : 16 septembre 2025.
- Gouvernement du Québec — Indicateurs et statistiques pour l'enseignement supérieur, qui regroupe les données sur les parcours, la réussite, les diplômes et les effectifs des réseaux collégial et universitaire. Mise à jour : 25 mars 2026.
- Institut de la statistique du Québec — Réussite collégiale, publication 2026 portant notamment sur les facteurs associés à l'obtention d'une première sanction d'études collégiales.
