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Persévérance au CÉGEP : voir les signaux avant le décrochage

October 5, 2026 by
Persévérance au CÉGEP : voir les signaux avant le décrochage
EXIA inc.

Le décrochage est un résultat. La persévérance permet d'observer ce qui se passe avant.

Lorsqu'un étudiant quitte définitivement son parcours collégial, l'événement est relativement facile à constater.

Mais pour les établissements qui souhaitent agir sur la réussite, la question la plus intéressante est souvent différente :

Que s'est-il passé avant?
  • Un étudiant qui ne se réinscrit pas à la session suivante. 
  • Une baisse de réussite dans certains cours. 
  • Un changement de programme. 
  • Une interruption du parcours.

Pris individuellement, aucun de ces événements ne signifie nécessairement qu'un étudiant abandonnera ses études.

Mais leur évolution au sein d'une cohorte peut révéler des tendances importantes.

La réinscription : un signal à surveiller

La réinscription constitue un indicateur particulièrement intéressant de la persévérance.

Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, le taux global de réinscription au troisième trimestre d'études collégiales était de 85,7 % en 2024-2025 pour la cohorte d'automne 2023 réinscrite à l'automne 2024. Ce résultat est supérieur de 3 points de pourcentage à la mesure de départ de 82,7 % établie en 2021-2022.

Cette progression est encourageante. Mais derrière le résultat global se trouvent des réalités différentes.

La vraie question devient alors :

Où se situent les écarts de persévérance?

Un résultat global peut cacher plusieurs réalités

Imaginons qu'un établissement affiche un taux de réinscription de 86 %. Ce résultat peut sembler très positif.

Mais si l'on descend dans les données, on pourrait découvrir que :

  • Certains programmes affichent un taux supérieur à 90 %.
  • D'autres se situent nettement sous la moyenne.
  • Certaines cohortes évoluent différemment.
  • Les écarts apparaissent dès la première session.
  • Certaines caractéristiques du parcours sont associées à une probabilité plus faible de réinscription.

Le taux global reste pertinent. Mais il ne permet pas, à lui seul, de savoir où regarder.

Le moment où le signal apparaît est aussi important que le signal lui-même

La persévérance ne se joue pas uniquement à la fin d'une année scolaire. Elle se construit tout au long du parcours.

C'est pourquoi il peut être utile de suivre les étudiants à différentes étapes :

Admission → Inscription → Première session → Réinscription → Progression → Persévérance → Diplomation

L'analyse longitudinale permet alors de repérer les moments où une cohorte commence à évoluer différemment.

Et cette information peut être beaucoup plus utile qu'un simple taux annuel.

Tous les départs ne sont pas des abandons

Une autre raison de s'intéresser au parcours plutôt qu'au seul résultat final est que les cheminements étudiants ne sont pas toujours linéaires. 

  • Un étudiant peut interrompre ses études et revenir.
  • Il peut changer de programme.
  • Il peut poursuivre son parcours dans un autre établissement.
  • Il peut prendre plus de temps que prévu pour obtenir son diplôme.

C'est pourquoi une baisse de la réinscription ne devrait pas automatiquement être interprétée comme un décrochage définitif.

Le parcours doit être suivi dans le temps.

La bonne question : où agir?

L'objectif d'une analyse de la persévérance n'est pas de produire une liste d'étudiants « à risque ». Il est plutôt de permettre aux équipes institutionnelles de mieux comprendre les phénomènes observés :

  • À quel moment les écarts apparaissent-ils?
  • Dans quels programmes?
  • Pour quelles cohortes?
  • Quelle est l'évolution d'une session à l'autre?
  • Quels parcours sont plus susceptibles d'être interrompus?
  • Les étudiants qui ne se réinscrivent pas reviennent-ils par la suite?

Ces questions permettent de passer progressivement du constat à la compréhension.

Des données pour intervenir plus tôt

Le Plan d'action pour la réussite en enseignement supérieur 2021-2026 vise notamment à soutenir la persévérance et la diplomation des étudiants du réseau collégial.

Le Ministère a également modifié la date limite d'abandon sans échec au collégial, la faisant passer à 60 % de la durée de la session à compter de 2024-2025, afin de donner davantage de souplesse aux étudiants dans leur cheminement.

Ces mesures illustrent une réalité importante :

La réussite se construit pendant le parcours, pas seulement au moment où l'on mesure son résultat.

Passer du taux au parcours

Pour comprendre la persévérance, il faut donc regarder plusieurs indicateurs ensemble.

  • Réinscription.
  • Persévérance.
  • Réussite.
  • Cheminement.
  • Cohortes.
  • Programmes.

C'est la mise en relation de ces informations qui permet de voir apparaître des tendances que les indicateurs pris individuellement peuvent masquer.

Un tableau de bord ne devrait donc pas seulement répondre à la question :

« Quel est notre taux de persévérance? »

Il devrait aussi permettre de répondre à :

« Où, quand et comment évoluent les parcours étudiants? »

Comprendre avant d'agir

Les établissements disposent déjà d'une grande quantité de données. L'enjeu n'est pas nécessairement d'en recueillir davantage.

Il est de pouvoir les mettre en relation, les explorer et les comprendre suffisamment rapidement pour éclairer les décisions.

C'est dans cette perspective que l'analytique institutionnelle prend tout son sens et que la plateforme analytique MyMetrix-Éducation a été conçue.

Voir le signal. Comprendre le parcours. Éclairer l'action.

Sources

Ministère de l'Enseignement supérieur. Rapport annuel de gestion 2024-2025. Indicateur relatif au taux global de réinscription au troisième trimestre d'études collégiales. Le résultat 2024-2025 est de 85,7 %, comparativement à une mesure de départ de 82,7 % en 2021-2022.

Gouvernement du Québec. Plan d'action pour la réussite en enseignement supérieur 2021-2026.

Gouvernement du Québec. Report de la date limite d'abandon dans les établissements collégiaux, 20 mars 2024.

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